Guerre contre la Corruption : « Pendez-les haut et court »
Guerre contre la Corruption : « Pendez-les haut et court »

Les captures ciblées ont été conduites dans un secret inédit et avec un dispositif de discrétion exceptionnel, à tel point que moult hommes politiques et moult hommes d’affaires ont été choqués en apprenant la nouvelle.

Rares sont les partis politiques ayant commenté l’arrestation des grands suspects, ce qui a beaucoup intrigué la majorité des Tunisiens.

Plusieurs députés se sont indignés quant à la méthode adoptée par le gouvernement contre Chafik Jerraya, allant jusqu’à la taxer d’anticonstitutionnelle ou de « prise d’otage ». Grand nombre de parlementaires ont exprimé leur mécontentement de ne pas être informés au préalable.

Il n’est pas exclu que chacun des élus suspects dans des opérations de corruption, s’efforce actuellement de gommer toute relation financière susceptible d’être détectée avec l’un des affairistes détenus.

Certes, l’oligarchie politico-financière est en deuil. Aujourd’hui, une question se pose clairement : « Est-ce un Coup médiatique? »

Tous les indices excluent la probabilité d’un coup médiatique. Si M. Youssef Chahed venait à verrouiller la plupart des « chiots rapaces », les « gros poissons » seraient rapidement attrapés, y compris des hommes politiques ayant commis divers dépassements.

Neuf mois après sa prise de fonction à la tête de la Kasbah, et son engagement de placer la guerre contre la corruption au centre de ses préoccupations, Youssef Chahed réussit son premier coup de filet. D’après l’International Crisis Group (ICG), Youssef Chahed a été « systématiquement freiné dans son élan », malgré sa volonté d’aller de l’avant.

En fait, la recrudescence de la corruption et la récidive du clientélisme ont eu un impact négatif de sur le déroulement de la transition démocratique, et ont anéanti toutes les opportunités de restructuration & décollage économiques.

Visiblement très bien conseillé, Youssef Chahed a trouvé la bonne brèche pour s’attaquer à la fourmilière de toutes les formes de corruption et de malversation.

L’astuce identifiée consiste à enclencher l’article 5 de la loi régissant l’état d’urgence, et permettant « l’assignation en résidence surveillée de toute personne jugée dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics ».

Ce faisant, Youssef Chahed a su à la fois donner un coup de grâce au « projet de légalisation du blanchiment des mafieux » et capturer un « premier groupe de barons de la corruption ».

Par Mohamed Chawki Abid, ancien conseiller économique à la Présidence de la République